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23/04/2019Allocution de C. Mosbach lors de la remise de sa légion d'honneur par le Ministre de la culture.

Monsieur le Ministre,

Merci d’ouvrir ici une  fenêtre sur le projet de paysage. Pour ce qui me concerne suis tombée dedans dès le plus jeune âge.

Le monde depuis les champs, les arbres, les fossés, les ruisseaux, m’était plus familier que l’école.

Comme il fallait avancer, et que la priorité était tournée vers le dehors plutôt que vers le dedans, j’ai puisé dans les Sciences de la Nature et de la Vie, Biologie, Physique Chimie à Louis Pasteur de Strasbourg.

L’horizon depuis une fenêtre de laboratoire se montrait là trop étroit, pour investir le dehors.

Je suis alors entrée à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles où Jacques Simon, Michel Corajoud ont posé les préalables aux projets de  paysage en France, et par-delà les frontières.

Au terme des quatre années passées à l’école, s’amorçait le début de la fin après des années à déconstruire ce que l’on était censé savoir.

Pour se sortir de l’angoisse du vide, on s’est resserré entre nous avec Marc Claramunt, Pascale Jacotot, Vincent Tricaud en créant l’Association Paysage et Diffusion pour produire pages paysages de 1987 à 2002.

On y a invité tous les acteurs concernés de près ou de loin par le paysage -les entreprises, les maîtres d’ouvrages, les philosophes, les artistes, les architectes bien sûr,…, afin de bâtir  ensemble les outils, les points de vue critiques sur ce qui était en train de se produire ici et ailleurs. Je puisais en toile de fond dans  l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ou j’ai eu la chance de côtoyer  Bernard le Petit, Pierre Fedida, Georges Didi Huberman, Odile Marcel …Pascal Convert, Eric Poitevin et bien d’autres encore. Quand on baigne dans ce brassage d’idées et d’exigences tout est possible et accessible.

Mais on ne peut faire de grands projets qu’avec de grands élus et des ‘passeurs’ qui relayent nos visions parfois obscures. Et, en tant qu’élu, porter des grands projets que personne ne comprend relève de l’exploit.

Je veux rendre  hommage ici à

*Alain Juppé, Philippe Richard, Michèle Larue Charlus pour le jardin botanique de Bordeaux et le renouveau de cette ville depuis que j’y ai investi un de mes projets fondateur.

*Henri Loyrette, Daniel Percheron et Katia Lamy, sans qui le Louvre Lens n’aurait pu se concrétiser.

J’aurais aimé recevoir ces insignes dans les jardins du Louvre Lens, mais, monsieur le ministre, vous nous faite l’honneur de bien plus en associant l’humanitaire au Benin, porté par Brigitte Letissier, au ‘projet de paysage’.

L’Afrique n’est-elle pas le berceau de l’humanité ?

Les premiers dessins, écriture, se sont fait à fleur de paysage. Aussi, le reflet de l’humanité sans paysage n’existe pas

Nous accueillir ici est une façon de revenir à la maison, back home.

Nous avons la chance en France d’avoir ces opportunités. Mais, la chance est une denrée périssable et nous devons cultiver ensemble les opportunités, afin de grandir avec elles par-delà  les continents et les temporalités.

Merci de nous accompagner en ce sens

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